Essai

Histoire de la sorcellerie en Pays basque : les bûchers de l'injustice

Beñat Zintzo-Garmendia, Privat, 2016 (en français)

Les procès de sorcellerie en Pays basque du début du XVIIe siècle, sous la houlette du célèbre Pierre de Lancre d’un côté, dirigés par l’inquisition de Logroño de l’autre, sont l’objet de bien des fantasmes. L’érudit Beñat Zintzo-Garmendia, après étude des minutes des procès, des témoignages, ou de la contre-enquête de 1612, revient sur le sujet, et tente de rétablir les faits.

Les procès ont eu lieu, les quatre-vingts et quelques exécutions également, mais, au XVIIe siècle en Pays basque, il n’y avait pas de sorcellerie sabbatique.

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Le chemin des morts

François Sureau. Gallimard, 2013 (deux versions : basque et français)

Au début des années 1980, à tout juste 25 ans, François Sureau intègre le Conseil d’État et la commission de recours des réfugiés. Alors que l'Espagne s'engage sur la voie démocratique à la suite de la mort de Franco, il travaille sur une demande d'asile formulée par un réfugié basque. S'appuyant sur le droit français et méconnaissant le contexte politique et historique du Pays basque, le jeune haut fonctionnaire plaide le refus d'accorder l'asile politique à cet homme. Mais la décision qui suit son rapport et ses conséquences vont hanter le juriste durant toute sa carrière.

De ce court épisode très marquant de sa vie professionnelle, François Sureau tire un récit intime, bref et percutant.

Publié en 2013 en français chez Gallimard, il a été traduit en basque en 2015 par Maite Berrogain Ithurbide.

 Emilie Gangnat - Médiathèque de Bayonne

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Du rite au rire - Le discours des mascarades au Pays Basque

Éric Dicharry. L’Harmattan, 2012. (en français)

Du rite au rireDans la plus petite province du Pays basque, la Soule, la tradition de la mascarade suit son cours. Un rite planifié et organisé ouvrant sur une période de créativité et de liberté.

Éric Dicharry, anthropologue, a analysé pour sa thèse – qu’il publie ici – les textes de ces carnavals. Il montre comment le respect de ces formes d’expression traditionnelle très précises et fidèles à la mémoire collective libèrent la parole et permettent la critique, la revendication et l’ouverture vers l’humour et le rire parfois thérapeutique.

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Franco et le Pays basque

Mathieu Elgoyhen. Elkar, 2015. (en français)

Le 20 novembre 1975 mourait Francisco Franco, « Generalísimo » et « Caudillo » d’Espagne, mettant fin, de facto, à 38 ans de dictature. Transition démocratique et reconstruction du pays obligent, l’Espagne enterrera ces années sous une chape de silence.

40 ans plus tard, Mathieu Elgoyhen, jeune professeur d’histoire au lycée Villa Pia de Bayonne revient sur ces années noires telles qu’elles ont été vécues en Pays basque. Des débuts de la guerre civile en 1936, à la création de l’ETA, des événements célèbres tels que le bombardement de Gernika aux plans secrets d’annexion du Pays basque nord, des mesures méprisables comme l’interdiction de l’usage de la langue basque sur les tombes aux dizaines de milliers d'exilés, Mathieu Elgoyhen résume quatre décennies de l’une des dictatures les plus noires du XXe siècle en moins de 100 pages, dans un format de type Que sais-je ? très pédagogique.

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Tunelak, Izarak, Mozorroak eta bafleak

Josu Martinez. Elkar, 2014. (en basque)

Le cinéaste Josu Martinez (Itsasoaren alaba (2009), Sagarren denbora (2010), Barrura begiratzeko leihoak (2012)…) a été fasciné dans son enfance par le livre Papillon, l’autobiographie du bagnard Henri Charrière, par deux fois évadé. Il en gardera une vision romancée de la prison et surtout le fantasme de la grande évasion.

La réalité dépassant souvent la fiction dans ce domaine, et le Pays basque n’ayant rien à envier aux autres pays sur la question, Josu Martinez a décidé de raconter les chroniques de 10 évasions de détenus basques durant les cinquante dernières années. Des histoires souvent connues, parfois moins, certaines qui finissent bien, et d’autres non, des projets solitaires ou collectifs mais tous pleins d’audace et d’imagination.

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Abbadia, le monument idéal d'Antoine d'Abbadie

Viviane Delpech. Presse Universitaires de Rennes, 2015

Si Antoine d’Abbadie (1810-1897) est resté dans les mémoires pour ses nombreuses publications érudites, que ce soit sur la langue basque, l’Ethiopie qu’il avait explorée, ou l’astronomie, l’une de ses créations majeures ne s’exprime pas sur papier, mais directement dans la pierre : il s’agit du château d’Abbadia.

Entouré d'une équipe illustre et très  impliquée (l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, le paysagiste Eugène Bülher, son épouse Virginie…) Antoine d’Abbadie a fait construire une demeure fascinante mêlant style éclectique du Second Empire, et influences néogothiques ou orientales.

Viviane Delpech, qui a consacré sa thèse d’histoire de l’art à Abbadia, nous invite à la découverte de ce patrimoine exceptionnel et de l’histoire hors-du-commun de ses initiateurs.

A consulter également, le site http://www.archives-abbadia.fr qui présente tout un ensemble de documents : photographies, plans d’architecte, correspondances et autres pièces d’archives.

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Gure (Zinemaren) Sor Lekua

Josu Martinez. Euskal Herriko Unibertsitateko Argitalpen Zerbitzua, 2015.

 Gure Sor Lekua azalaLa thèse de Josu Martinez nous conte une belle histoire… Celle du premier film tourné en basque : Gure Sor Lekua, un documentaire d’une heure et demie, en couleurs, réalisé au début des années 50 par André Madré, alors général de l’armée française et originaire d’Hasparren.

Ce film avait été inspiré à André Madré par Teodoro Hernandorena (1898-1994), qui en 1953 avait suggéré, lors de l’Euskararen eguna à Paris, que soit réalisé un « film basque, destiné à tous nos compatriotes dispersés à travers le monde ». T. Hernandorena avait lui-même réalisé en 1933 le premier film documentaire politique basque, Euzkadi, définitivement perdu (brûlé à Donostia par les troupes franquistes en 1936).

Gure Sor Lekua, un film qu’on croyait donc perdu lui aussi, mais que Josu Martinez, né à Bilbao en 1986, scénariste et réalisateur lui-même, a retrouvé… à Paris. Sans la bande son originale, mais la découverte est néanmoins remarquable. Le texte du documentaire, en euskara, avait été écrit par l’académicien Jean Elizalde (1883-1961), né à Ascain.  Et Josu Martinez ne désespère pas de trouver une autre copie sonore, ou même l’enregistrement de la seule bande son…

Josu Martinez a ensuite, vu l’importance de cette espèce de renaissance, consacré à ce film, à son réalisateur, et aux origines du cinéma (en) basque une thèse soutenue à l’Université du Pays Basque en 2014 et désormais publiée, donc rendue accessible au plus grand nombre.

Nous avons donc là une analyse approfondie du film d’André Madré, de l’histoire de sa réalisation, de son influence, du contexte culturel et politique des années 50 et 60, et une masse imposante d’informations inédites sur les films documentaires concernant le Pays Basque de 1922 (Eusko Ikusgayak, film documentaire muet) aux années 1980.

Gure Sor Lekua avait pour objectif de garder vivante la mémoire de la vie au Pays Basque pour les membres de la diaspora. La thèse de Josu Martinez nous permet encore, soixante ans après, de nous immerger aussi dans ce Pays Basque rural et traditionnel qui reste un socle pour les évolutions à venir.

 Nicole Mounier - Bibliothèques de l'Université de Pau et des pays de l'Adour

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