Jusqu’au 19e siècle et l’arrivée des premiers folkloristes (Cerquand, Webster, Vinson), la transmission des contes et légendes basques se fait presque uniquement par voie orale, et l’un des moments privilégiés pour cette transmission est le dépouillement du maïs.

Le dépouillement du maïs

Chaque année, dans les fermes du Pays basque, une fois le maïs récolté, il faut le dépouiller, c'est-à-dire enlever les feuilles qui entourent l’épi pour qu’il puisse sécher correctement. C’est une corvée qu’il faut faire rapidement, avant que les feuilles ne pourrissent, mais c’est une tâche longue et fastidieuse.

La corvée se déroule généralement le soir, au coin du feu, avec tous les membres de la famille et parfois même quelques voisins. Et comme ce travail occupe les mains mais très peu l’esprit, et que pour une fois, tout le monde est réuni, les familles en profitent pour chanter ou raconter des histoires.

Voir le témoignage de Michel Mendibil, de Gabat, sur le site mintzoak.eus

Les recueils de contes et légendes basques

Les contes et légendes basques sont nombreux et moult compilations existent depuis le la fin du 19e siècle. Mais la plupart des premiers recueils sont destinés à des gens extérieurs, curieux d’étudier les spécificités basques plus qu’aux Basques eux-mêmes. Cerquand publie des versions bilingues dans le bulletin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau, Wentworth Webster publie en anglais (voir l’article sur ses manuscrits http://www.bilketa.eus/fr/collections/notre-selection/276-les-contes-et-legendes-du-pays-basque-recueillis-par-webster) et Vinson publie en français (Folk-lore du Pays basque, 1883).  A l’exception de Baigorriko zazpi liliak de Duvoisin, les recueils en langue basque sont rares.

Zenbait ichtorio chahar artho churitzetako [Quelques vieilles histoires pour le dépouillement du maïs], publié anonymement en 1909, dans la collection de la Petite bibliothèque basque par l’imprimerie Lamaignère est donc précurseur.

Cinq vieilles histoires

Le livre ne contient ni nom d’auteur, ni contexte, ni introduction, ni avant-propos. Les histoires sont directement racontées sans que l’on ait d’indication sur leurs sources, sauf, si l’on en croit le titre, qu’elles- auraient pu être racontées lors de soirées de dépouillement du maïs.

Deux d’entre elles, Comment un pauvre entra un jour au ciel et L’avare et l’envieux pourraient se classer dans les paraboles dont Cerquand avait fait une moisson conséquente : des récits dans lesquels apparaissent des personnages bibliques (Jésus et Saint-Pierre dans les récits de Cerquand, les archanges apôtres et Saint-Martin dans ce recueil-ci), mais dans un contexte plus terre-à-terre que dans la bible, avec un humour beaucoup plus présent, mais une morale souvent conforme aux écrits religieux.

Deux récits, Le tailleur du roi ou Le remboursement du banc prêté concernent, comme beaucoup de contes européens de l’époque, des vengeances réalisées avec beaucoup de malice, des bons tours. Tous deux font référence à des vies de château, de nobles et d’écuyers et pourraient provenir d’un tout autre endroit que le Pays basque.

Le cinquième, Les deux chevaux, narre des faits qui se seraient déroulés dans « un petit village des alentours de Pau » et reprend un thème récurrent des contes du Pays basque, celui du pari atypique.

Le document numérisé

Retrouver le document numérisé sur Bilketa :

http://gordailu.bilketa.eus/zoom.php?q=id:568854

 

Le dessin de l'illustration de l'article provient de l'exposition virtuelle sur les soeurs Feillet-Hennebutte : http://feillet.bilketa.eus/fr/portraits/paysans-basques-egrainant-du-mais

 

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