Les 96 aquarelles du recueil Res.41 de la Médiathèque de Bayonne ne sont ni signées, ni datées, ni expliquées, mais elles représentent toutes des personnages en pied et en costumes typiques du Pays basque du début du 19e siècle.

De la duchesse de Berry au curé de Ciboure...

L’auteur est inconnu, mais il ne fait aucun doute que les 89 premières aquarelles sont de la même main, avec très peu de variation de style. Les 7 dernières sont différentes, sûrement additionnées plus tard au recueil.

De nombreux danseurs de type labourdin apparaissent au début du recueil, certains portant un étendard « Vive le roi et madame ». Ce détail, de font dire à certains spécialiste tels Philippe Veyrin (1900-1962) que les danseurs représentés sont ceux qui ont défilé lors de la cérémonie de bienvenue organisée pour la visite de Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry, en 1828 à Bayonne.

Le seul nom qui apparaisse sur les manuscrits est celui de l’un de ses anciens possesseurs : « l’abbé Haristoy, Curé de Ciboure ». Il s’agit de Pierre Haristoy, né en à Ayherre en 1836 et mort à Ciboure, paroisse dont il avait la charge, en 1901. Historien renommé, il publie Recherches historiques sur le Pays basque en 1881 et fonde la revue Etudes historiques et religieuses du diocèse de Bayonne.

... ou la duchesse d'Angoulême(1)

En 1897, La Société d'Ethnographie nationale et d'Art populaire organise à Saint-Jean-de-Luz un "congrès de la tradition basque" durant lequel se succèdent événements festifs et discours scientifiques. Dans ce cadre, une exposition est organisée au grand Casino. Les aquarelles de ce recueils y sont présentées.

Charles Bernadou (1841-1901) décrit cette exposition dans LaTradition au Pays Basque : ethnographie, folk-lore, art populaire, histoire, hagiographie publié à Paris en 1899. Il donne alors pour les aquarelles une origine et une date de création différente.

  • Aux quatre côtés de ce salon sont appendues soixante à quatre-vingts aquarelles donnant la série des Costumes basques présentés à la duchesse d'Angoulême, à Saint-Jean-de-Luz, en 1823 : Etchecoandria, danseurs, Basques en cacolets, couturières, etc., toute une collection de bérets et de mouchoirs gorrias à queue pendante, qui fait rire aux larmes nos jolies Basquaises au mouchoir minuscule.

    Charles Bernadou, extrait de Les fêtes de la tradition basque, 1899

  • Saloieko lau zokoetan, hirurogei edo laurogei akuarela zintzilikatuak dira, 1823an Angulemako dukesari aurkeztu zitzaion Euskal jantziak andana osatzen dutena: Etxeko andrea, dantzariak, euskaldunak kakoletetan, jostunak, eta abar. Boneta eta dilingoko buztan luzeko zapi gorriak, gure zapi ñimiñoko euskal neskatxa ederrak negar egiteraino irri arazten dituztenak.

    Charles Bernadou, Les fêtes de la tradition basque testutik, 1899

Les personnages

Les danseurs

Les premiers personnages apparaissant dans le recueil sont des danseurs labourdins en costumes blancs. Ils jouent de la xirula, du tambourin et de la danbolina. Ils portent des pantalons à grelots, des baudriers de tissus et des bérets à fleurs.

Les Basques français

Les Basques « français » portent des bérets noirs, des vestes et des gilets. Le makhila est un accessoire qui leur est indispensable.

Les dames

La diversité des costumes est plus flagrante chez les dames, qui semblent s’habiller différemment en fonction de leur métier, de leur rang, et de leur statut matrimonial. Le châle et le foulard sont assez récurrents.

Les couples

Certaines aquarelles montrent des couples mariés se promenant ensemble.

Les Basques espagnols

Ils sont peu représentés dans le recueil ; il n’y a que trois Basques « espagnols », deux hommes en costumes guipuscoans et une dame d’Irún.

Les accessoires

Le parapluie-canne

Le parapluie-canne, apparu  dans la seconde moitié du 18e siècle est devenu l’accessoire de mode indispensable. Une dame ne se promène jamais sans son parapluie.

Le cacolet

Le seul mode de locomotion représenté dans le recueil est le cacolet (système de bât composé de deux sièges en osier permettant le transport de deux personnes de part et d’autre d’un animal). Il semble utilisé par toutes les classes sociales.

Les échasses

Quatre aquarelles représentent des personnages sur des échasses. Il s’agit malheureusement des quatre aquarelles les plus abîmées du recueil, dont la légende est déchirée. Les personnages représentés pourraient être des voisins landais.

Le marché

Plusieurs œuvres représentent des personnages allant ou revenant du marché. C’est l’occasion pour l’artiste de représenter quelques animaux, dont un porcelet, un cheval et une vache qui pourrait être de la race locale des Betizu.

Les travailleurs

Quelques aquarelles montrent  les personnages en situation de travail.

Les autres personnages

Les dernières aquarelles semblent peintes d’une main différente. Elles représentent essentiellement des ouvriers ou des voyageurs  provenant d’un Pays basque plus intérieur (Mendionde, Louhossoa, les Aldudes, Cambo, Saint-Pée-sur-Nivelle, Mouguerre et Saint-Jean-pied-de-Port).

Le document numérisé

Retrouver le document numérisé sur Bilketa : http://gordailu.bilketa.eus/zoom.php?q=id:196983

Toutes les aquarelles :

 
[1] Information signalée par l'Atelier Makhila Ainciart Bergara et ajoutée le 02/05/2018

Recherche

Rechercher un document

Rechercher un article

Notre sélection

Lettre d'information