Les bibliothèques conservent bien d’autres choses que des livres. S’il n’est pas rare d’y trouver des estampes, des photographies, voire des disques, films ou tout autre document multimédia, certains établissements disposent de collections vraiment particulières.

La bibliothèque Forney, de Paris, s’est par exemple spécialisée dans les arts décoratifs, les métiers d’art et leurs techniques et conserve, à ce titre, une importante collection de… papiers peints.

Le papier peint à motif basque

Vue de la bibliothèque Forney, à Paris. Photo Pline CC-by-sa

Parmi les milliers de papiers peints recensés par la bibliothèque (catalogue disponible via le portail  des bibliothèques municipales spécialisées de Paris) se trouvent des papiers unis, des papiers à rayures, des papiers à fleurs, et un papier peint à motif basque.

Le papier peint classé PP 2034 a été réalisé par la société Paul Gruin dans les années 1950. Cette entreprise, fondée en 1839 a longtemps été à la pointe de la technologie (médaille de bronze à l’Exposition de 1878) et s’est attaché la collaboration de nombreux artistes pour ses créations.

Il s’agit d’un papier imprimé à la machine, en vert pâle sur fond beige sur papier gaufré, avec des raccords « sautés » : pour un raccord parfait, les papiers placés côte-à-côte doivent être décalés d’une demi-hauteur, ce qui rend la pose plus difficile, mais permet d’espacer davantage la répétition horizontale d’un même motif. Le dessin utilisé, par contre, n’est pas signé, et l’auteur reste donc pour l’instant inconnu.

La Soule à l’honneur

Les dessins sont entrelacés sans qu’il soit toujours possible de distinguer nettement où commence une scène et où elle s’arrête. Il est toutefois possible de déterminer certains éléments principaux.

La danse

La danse est présente au centre du dessin.  Au son de l’accordéon (musicien assis à gauche), du ttunttun et d’une gaita (musicien assis à droite), un danseur effectue des entrechats. Son costume pourrait être celui d’un Gatuzain, personnage typique de la mascarade souletine.

A l’arrière plan, d’autres danseurs apparaissent en costumes, notamment un personnage portant un baudrier  comme les entseinari (porte-enseigne).

Le village

Un village apparaît sur la toile, largement dominé par une église au clocher trinitaire (ou clocher-mur) très caractéristique de la Soule.

Les maisons en contrebas en revanche disposent de colombages qui rappellent d’avantage le Labourd, et la maison située au premier plan, avec son arcade de pierre semble bas-navarraise.

Les joueurs de pelote

Les joueurs de pelote jouent à la chistéra sur un fronton masqué par la végétation.

Ils sont pris dans le raccord et nécessitent, pour apparaître, une pose parfaite du papier peint.

Le milieu champêtre

Les autres éléments du papier peint ne sont pas spécialement liés au Pays basque. S’il est à souligner que quasiment tous les hommes portent des bérets, c’est à peu de chose près le seul élément typique que l’on puisse retrouver.

Au fil du papier, on découvre pêle-mêle des paysans travaillant à la fourche, trois demoiselles  allant panier sous le bras, deux silhouettes en voilier, un pêcheur au filet, un cavalier à cru faisant boire son cheval et un berger guidant ses moutons.

Le document numérisé

Retrouver le document numérisé en ligne (Source : Ville de Paris. Bibliothèque Forney):

https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000844445

Toute reproduction sans autorisation de la bibliothèque Forney est interdite.

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