Affiche (impression photomécanique, 52 × 76 cm) acquise aux enchères par la médiathèque de Bayonne en 2019.

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    Contre l'état d'exception
    Pour la libération
    des prisonniers politiques.
    Pour abattre
    la dictature franquiste.
    Pour sauver Eva Forest,
    Garmendia, Otaegui
    qui sont en danger de mort.

    11 JUIN
    GRÈVE GÉNÉRALE
    AU PAYS BASQUE!

    11 juin: Manifestation à la Bastille à 18H30

    LCR, OCI-AJS, Révolution !, PLC. École Émancipée, CERAP, Pétroleuses, C.E. Dimitriev.
    Bandera Roja, FRAP, LCR-ETA(VI), MCE, ORT, CNT, POUM, ETA-Comunista. LO

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    Salbuespen egoeraren aurka
    Preso politikoen
    askapenaren alde.
    Diktadura frankista
    akabatzeko.
    Hiltze lanjerrean dauden
    Eva Forest, Garmendia, Otaegi
    salbatzeko.

    EKAINAK 11
    GREBA OROKORRA
    EUSKAL HERRIAN!

    Ekainak 11: Manifestaldia Bastille-n 18:30tan

    LCR, OCI-AJS, Révolution !, PLC. École Émancipée, CERAP, Pétroleuses, C.E. Dimitriev.
    Bandera Roja, FRAP, LCR-ETA(VI), MCE, ORT, CNT, POUM, ETA-Comunista. LO

Jugés en conseil de guerre

Au printemps 1975, cinq ans après le retentissant procès de Burgos(1), le régime franquiste qui vit ses derniers mois exerce une répression violente envers une opposition qui s’exprime de divers horizons. De la part des militants basques d’ETA, ainsi que d’un groupe activiste de gauche dénommé FRAP(2). De nombreuses arrestations ont eu lieu, et le régime de Franco traduit les accusés devant des conseils de guerre, tribunaux militaires dont les condamnations extrêmement lourdes sont redoutées. Des membres d’ETA, José Antonio Garmendia Artola et Ángel Otaegi Etxeberria sont accusés d’assassinat sur le garde civil Gregorio Posadas Zurrón en 1974 ; Eva Forest, ainsi que deux autres membres de l'organisation armée communiste FRAP, est accusée d’avoir participé à l'attentat perpétré contre l'amiral Carrero Blanco le 20 décembre 1973(3). Le jeune Juan Paredes Manot « Txiki » membre d’ETA est accusé d’avoir tué un policier lors d’un braquage. Tous risquent la peine capitale.

Les mois précédant le Conseil de guerre, la société basque se mobilise dans l'espoir de susciter des réactions internationales. Le 11 juin, plusieurs organisations au Pays Basque lancent un appel à la  grève générale. Cet appel à l’aide retentit jusqu'à Paris. Partis et associations de gauche et d'extrême  gauche organisent une manifestation solidaire dans la capitale française le même jour.

Le Monde, édition du 12 juin 1975

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    Un appel à la grève générale a été lancé dans les provinces basques

    Un appel à la grève générale a été lancé, pour le mercredi 11 juin, dans les provinces basques espagnoles par les commissions ouvrières, plusieurs organisations politiques et diverses fractions du Mouvement nationaliste basque. Cette journée de mobilisation - dont l'initiative revient, semble-t-il, à l'extrême gauche révolutionnaire - a reçu le soutien du parti communiste d'Euskadi (Fédération basque du P.C. espagnol) et du parti socialiste ouvrier espagnol (P.S.O.E.). (...)

    Il s'agit, entre autres, pour les organisateurs, de susciter le plus grand nombre de réactions possible avant que s'ouvre le procès de deux militants nationalistes - Antonio Garmendia et Angel Otaegui - qui doivent comparaître prochainement devant le conseil de guerre de Burgos. (...)

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    Greba orokorrerako deia egin da Euskal probintzietan

    Ekainaren 11n, asteazkenean, langile  batzordeek, hainbat erakunde politikok eta Euskal Mugimendu Abertzaleetako hainbat taldek greba orokorrerako deia egin dute Espainiako euskal probintzietan. Mobilizazio-egun honek - dirudienez, ezker mutur iraultzaileak bultzaturik - Euskadiko Alderdi Komunistaren (Alderdi Komunistaren Euskal Federazioa) eta Espainiako langileen alderdi sozialistaren (P.S.O.E.) sustengua jaso du. (...)

    Antolatzaileentzat, Antonio Garmendia eta Angel Otaegui - laster agertu behar dute Burgosko gerra-kontseiluan - bi militante abertzaleen epaiketa ireki baino lehen ahalik eta erreakzio gehien piztea da helburua, besteak beste. (...)

 

À propos de l'affiche...

Estampe n°15: Y no hay remedio (Et il n’y a plus de solution)

Si l'auteur de l’affiche n’est pas mentionné, nous savons tout de même qu’elle sort de l’imprimerie  N.P.P. de Paris. Ses trois couleurs très contrastées attirent le regard. D'autre part, on sait que le rouge et le noir étaient historiquement utilisés par divers organisations d’extrême gauche. Le mariage des deux couleurs rappelle la proximité des mouvements socialistes et anarchistes.

Au centre de l'image, entouré par du texte, apparaît l'élément graphique principal, tiré d'une gravure du célèbre peintre espagnol Francisco Goya: Y no hay remedio [Et il n’y a plus de solution]. Cette œuvre fait partie de la série de 82 gravures intitulée Los desastres de la guerra [Les ravages de la guerre]. Il s’agit de dessins préparatoires réalisés par Goya entre 1810 et 1815 qui préfigurent le célèbre tableau El tres de mayo de 1808 en Madrid [Le trois mai 1808 à Madrid].

El tres de mayo de 1888 en Madrid. Francisco Goya, 1804

 

Les dernières exécutions du régime de Franco

Plusieurs conseils de guerre se tiennent entre le 27 août 1975 et le 12 septembre 1975 à Madrid, Barcelone et Burgos.
Pour cinq des personnes jugées, la peine capitale est prononcée. Ces sentences suscitent de nombreux mouvements de protestation, et le 28 août un appel à une grève nationale est lancé, accompagné de nombreuses manifestations à travers le pays, très durement réprimées.
Plusieurs personnalités éminentes à travers l’Europe tentent d’infléchir les sentences. Le pape Paul VI lui-même tente de faire fléchir Franco la veille des fusillades, en vain.

Le Monde, édition du 30 août 1975

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    Les deux militants basques ont été condamnés à mort à Burgos

    Le conseil de guerre de Burgos a condamné à la peine capitale, ce vendredi 29 août, les deux militants basques : José Antonio Garmendia et Angel Otaegui. Ils ont été reconnus coupables de la mort d'un garde civil, le 3 avril 1974, à Azpeitia, au Pays basque. Les avocats disposent de trois jours pour faire appel. Le verdict doit être confirmé par le capitaine-général de Burgos. Puis le général Franco, chef de l'Etat, doit décider en dernier ressort. (...)

  • Voir le texte en français

    Bi euskal militanteak heriotzara kondenatu dituzte Burgosen

    Jose Antonio Garmendia eta Angel Otaegi euskal militanteak zigortu ditu Burgosko Gerra Kontseiluak abuztuaren 29an.  1974ko apirilaren 3an Azpeitian, guardia zibil baten heriotzagatik kondenatu ditu. Abokatuek hiru egun dituzte helegitea aurkezteko.  Burgosko kapitain nagusiak epaia berretsi behar du. Ondotik, Franco jeneralak, estatuburuak, erabaki beharko du azken beltzean. (...)

Le 27 septembre, Angel Otaegi Etxeberria est fusillé à Burgos, l’autre membre de l’ETA Juan Paredes Txiki est exécuté à Barcelone, Xosé Humberto Baena Alonso, José Luis Sánchez Bravo et Ramón García Sanz du FRAP passent devant le peloton d'exécution à Madrid.(5) 

Le général Franco décède moins de deux mois plus tard, le 20 novembre 1975. Ces peines capitales sont les dernières ordonnées sur le territoire espagnol, avant que la Constitution de 1978 n’abolisse la peine de mort. Le châtiment capital en temps de guerre quant à lui est définitivement abrogé par la loi organique 11/1995 du 27 novembre 1995.


(1) Procès sommaire entamé le 3 décembre 1970 à Burgos à l'encontre de seize membres d’ETA, accusés d’assassinat. Les mobilisations populaires et la pression internationale ont permis à six des inculpés d'éviter la peine de mort (Wikipedia).
(2) Frente Revolucionario Antifascista y Patriota
(3) Eva Forest est arrêtée en 1974 suite à la publication du livre Operación Ogro : cómo y por qué ejecutamos a Carrero Blanco [Opération Ogre: comment et pourquoi nous avons exécuté Carrero Blanco] sous le nom d’emprunt Julen Agirre.
(4) Le tableau rappelle un épisode sanglant dû à l’invasion des troupes napoléoniennes en Espagne. Suite à une révolte et en représailles, les soldats français avaient exécuté des combattants espagnols faits prisonniers pendant la bataille.
(5) Le tribunal militaire se montre “clément” vis-à-vis de Garmendia, gravement blessé par balle à la tête lors de son arrestation. Eva Forest restera en détention jusqu'en 1977.

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