Publié avec l'aimable autorisation d'Aurélie Arcocha-Scarcia, article extrait de L'Ecole française et les langues régionales, Presses universitaires de la Méditerrannée, coordonné par Hervé Lieutard et Marie-Jeanne Verny - http://books.openedition.org/pulm/892

 Le corbeau et le renard  Belia eta hacheria Belea eta acheria

Maître corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
Hé, bonjour, monsieur du Corbeau!
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois.
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie;
Et, pour montrer sa belle voix,

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le renard s'en saisit, et dit : Mon bon monsieur,
Apprenez; que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute:
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute?
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Zuhain baten kukulan jaririk,
Bele jauna zagon gaznabat moskoan.
Hacheri jaun usainaz deithurik
Ghelditu zen zuhainaren ondoan.
Hitz hoiek diotzu hegaltariari :
Egun hon, agur, gure jaun beliari!
Zoin pollit, zoin eder denl!
Eghiazki, zure botzak zaiaren
Balinbadu iduria,
Bortutan diren ihizi ederrenen
Zu zira erreghia.
Beliak, hitz hoietzaz hanturik,

Bere botz ederra erokutzi nahidu;
Mosko handibat zabalturik,
Gazna lurerat uztendu.
Hacheriak, gazna atzamanik,
Beliari erran zuen ordian :
Jakinzak, jauna, lausenkaria
Hari beha denaren khostuz mundian,
Bethi danik izan dela jankidia.
Ene lezioneak, arauz, balio dik
Gaznabat segurki.
Bere tontokeriaz ahalketurik
Beliak, berantchki,
Zin eghin umen zuen
Ghehiago ezutela atzamanen.

Musde bele cegoen haritz tontorroan,
Haidorric çaducala gasna bat mokoan,
Aldiz acheri Yauna goizdanic yaikia,
Cebillan non eraiki bere gosaria.
Usaiñac sudurra yo dioeneco,
Bele gasna-dunaz ohartu deneco,
Egun on, Yaun bele, maltçurrac diotço:
çoin çure ikhusteac gaur demaitan placer!
Nere beguietan ala, baitçare eder
Eguiaz haiñ eder balitz çure canta.
Nola baita çure luma distianta:
Oihan hautan segur ez laite garabic,
Abere ez hegaztin, acinda ez choiriric
Ederrez çurekin iharduc lironic.
Elhe legun hautaz hacia gucia,
Senti du beleac cantatu nahia:
Mokho beltz çabala dueneco ideki,
Gasna badoaco lurrerat itçuri.
Erne horren beira çagon acheria.
Segura içaiteco bere ase-aldia,
Ez balitz belea içatu hain gaiço.
Acheriac eguiñ etçukeien frico.
     Harc urriki baçukeien
     Ciñ ere eguiñ omen çuen
     Berriz etçutela
     Atcemañen horla.

Oy! cembat mundu huntan oiñ bitaco acheri,
Bele gaiçoen gostuz ohi diren bici!
Bethi da lausengaria
Entçuillen gostuz hacia.

La Fontaine 1668  Archu, 1848  Goyetche, 1852

 

Avec la loi Guizot sur l’instruction publique de 1833 chaque enfant apprend obligatoirement les « éléments de la langue française », autrement dit l’orthographe et la grammaire. Les enseignants et inspecteurs des écoles désireux d’appliquer la loi Guizot doivent donc faire face à des défis didactiques et pédagogiques majeurs : comment répondre aux exigences de la loi quand les élèves de nombreuses régions de France ne comprennent ni ne parlent le français ? Comment mettre en place l’acquisition des connaissances de base exigées par la loi quand les maîtres n’ont aucun matériel pédagogique adéquat à leur disposition ?

La fable, traditionnellement exploitée à des fins didactiques dans l’enseignement en Europe occidentale, offre une réponse via la traduction en langue régionale. En Pays basque de France, Jean-Baptiste Archu, originaire de Soule, directement impliqué par l’application de la loi Guizot puisqu’il est d’une part instituteur et inspecteur de l’école primaire à La Réole, et d’autre part bascophile, publie en 1848, à La Réole, un choix de 50 fables de La Fontaine traduites en basque avec texte français en regard. Quatre années plus tard, en 1852, Martin Goyhetche, curé du village côtier d’Urrugne en Labourd, publie à Bayonne 150 fables du même la Fontaine traduites en basque sans faire figurer le texte source français. Un autre corpus important composé de la traduction en basque de 27 fables de La Fontaine et de 110 fables de Florian, conservé actuellement à la B.N.F., est toujours inédit.

Archu considère la fable comme un outil pédagogique idéal permettant, grâce à la traduction en basque du texte source (la fable en français), la permutation du texte source en texte cible : le lecteur bascophone, qu’il soit jeune écolier ou adulte, part du texte traduit en basque pour aller en amont vers la fable en français de La Fontaine placée en regard de la traduction en basque2.

Pour Goyhetche, il en est autrement. Malgré une filiation qu’il revendique dans l’avant-propos intitulé Aitcin-solhasac publicoari3, il se démarque néanmoins d’Archu en ce sens que son ouvrage est monolingue avec un discours linguistique interne : la langue source et la langue cible se rejoignent, le texte d’origine en français disparaît, seul importe le texte en basque dans sa variété dialectale, le labourdin. La loi Guizot n’est pas mentionnée, l’apprentissage du français ne figure pas parmi les objectifs de l’auteur. Les lignes qui suivent vont cependant montrer que la situation des deux fabulistes est beaucoup plus proche qu’elle semblait au premier abord.

Les fables bilingues d’Archu

En 1848, Jean-Baptiste Archu édite l’ouvrage intitulé Choix de fables de La Fontaine traduites en vers basques La Fontainaren aleguia — berheziak, neurt-hitzez franzesetik uskarara itzuliak, qui inclut également des notions d’orthographe basque, une Introduction à la langue euskarienne ainsi qu’un Dictionnaire. Il sera suivi en 1855 d’une Grammaire basque — française à l’usage des écoles du pays Basque par Jean-Baptiste Archu Inspecteur primaire et Officier d’Académie — Uskara eta franzes gramatika, comprenant notamment des Sujets à traduire ainsi qu’un Dictionnaire. L’ouvrage sera remanié et réédité en 1868 sous le titre Grammaire bilingue française et basque — Bi mihiren gramatika uskara eta franzesa.

Archu Le corbeau et le renard Belea eta Hacheria

Le Corbeau et le Renard — Belea eta Hacheria. WM. 242 Bibliothèque Municipale de Bayonne.

 

Quand, dans Uskal Herriari Archu avance :

Uskal Herriari.

Igorten dautzut, herri maitia,
Ghezurtto batzu, hau da eghia,
Zure haurren tchostatzeko,
Menturaz hen skolatzeko.
         Tchostatzia,
         Skolatzia
         Hanitz alditan
         Ber thokietan
         Egoten dia.

Au Pays basque.

Je vous adresse, cher pays,
Quelques petits mensonges, en vérité,
Afin que vos enfants s’amusent,
Afin peut-être de les instruire.
Le jeu,
L’apprentissage
Souvent
En même lieu
Se trouvent.

(trad. AAS)

Il convient d’aller au-delà de l’euphémisation et comprendre que la fonction ultime des fables n’est en rien le jeu mais bien l’instruction par le jeu.

Il faut cependant lire la Préface — Aitzin-Beghi pour connaître les raisons qui l’ont poussé à traduire les Fables de La Fontaine en basque :

  • divulguer l’œuvre de La Fontaine (auteur emblématique français) chez les Basques ;
  • permettre au lecteur bascophone adulte, non alphabétisé en français, d’accéder par la traduction à la « philosophie » des textes de La Fontaine et « leur inspirer le désir d’apprendre la langue française » ;
  • aider, grâce à des ouvrages bilingues adaptés, les adultes bascophones, non alphabétisés en français, dans l’apprentissage de cette langue ;
  • appliquer la loi Guizot en produisant du matériel pédagogique bilingue pour que les enfants bascophones, non alphabétisés en français, puissent acquérir l’usage de cette langue ;
  • fournir à l’écolier un premier ouvrage pédagogique.
"[...] En traduisant un choix de fables de La Fontaine, mon premier but a été d’élever au milieu des populations euskariennes un monument simple à la mémoire de l’immortel fabuliste dont s’honore la France ; mon second, celui d’appeler l’attention de mes compatriotes sur le texte ; de leur en faire saisir le sens, la haute philosophie ; en un mot, de leur inspirer le désir d’apprendre la langue française, et de leur en faciliter le moyen.

À cet effet, j’ai fait usage des matériaux créés par l’inimitable La Fontaine, c’est la partie la plus brillante de l’édifice à l’ombre de laquelle j’ai pris la liberté de placer mon œuvre : la traduction en vers basques. [...]

Nés dans la grande famille française, les habitants de la partie occidentale des Pyrénées n’entendent point le langage de leurs frères, de leurs magistrats. — D’où vient cette ignorance de la langue nationale ? — De l’absence de livres écrits dans les idiomes français et basque.

On m’objectera, sans doute, que la loi du 28 juin 1833 ayant ouvert une ère nouvelle à l’instruction primaire, les instituteurs du pays euskarien ont mission d’enseigner le français à leurs élèves. — C’est possible. — Mais quel moyen a-t-on fourni à ces instituteurs pour les mettre en position d’apprendre la langue française à leurs écoliers ? — Aucun. — Il n’existe pas de grammaire basque-française ; il n’existe point de vocabulaire à l’usage des deux idiomes.

Il est vrai qu’en entrant dans une école du pays basque, les yeux rencontrent une pancarte sur laquelle figurent : 1°. Une nomenclature très limitée des termes basques et français, et 2°. La conjugaison française. Tel est l’attirail avec lequel les compatriotes d’Etchepare, d’Oihenart, de Sponde, de Bela, de Garat, de Harispe, de Dassance ont jusqu’ici étudié la langue nationale. — Qu’il y a loin de cette nomenclature aride de mots à une phraséologie correcte !!

Les élèves des écoles basques devraient avoir, c’est du moins mon avis, une sorte de vademecum, une grammaire, dégagée de tout cortège scientifique, au moyen de laquelle ils pussent parvenir à construire la phrase française.

En attendant qu’un tel ouvrage soit placé entre leurs mains, j’ai lieu de croire que la traduction des fables de La Fontaine, que je leur offre, leur facilitera singulièrement l’étude de la langue française. [...] "

 

Les fables en basque de Goyhetche

Lorsqu’en 1852 Martin Goyhetche publie à Bayonne la traduction en basque des fables de La Fontaine, Fableac edo aleguiac Lafontenetaric berechiz hartuac, sans le texte original français en regard comme l’avait fait Archu, il exprime clairement ses objectif dans la préface Aitcin-solhasac publicoari :

  • offrir au lecteur une traduction des fables en labourdin, autrement dit en une forme dialectale autre que le souletin d’Archu4 ou que le guipuzcoan d’Iturriaga5. Le but de Goyhetche est avant tout linguistique : une amplification du projet de traduction d’Archu. Il fait montre de virtuosité avec humour, et un côté épicurien indéniable quand il compare son exercice à une préparation culinaire élaborée :
"Duela cembait dembora eracurtcearekin bi fable multço, bata Suberotar Yaun batec, bertcea Guipuzcoaco Yaun Aphez batec berxutan publicatuac : ethorri citçaitan guticia Laphurdico hitzcuntçan lan beraren eguiteco ; ez hec baino hobeki eguin beharrez segurki ; baina bertcela, eta Laphurdico mintçoaren arabera. Hala nola ecen, plat bera içan baidaiteke hirur cocinerez diferentki aphaindua, eta guisa bacotchac baidituzke bere çaleac eta yaleac : hala orobat liburu berac hirur escribatçaille diferentez landuac eta moldatuac, badituzke publicoan eracurtçaille gustu diferentetacoac." "Il y a quelque temps, à la lecture de deux corpus de fables versifiées, l’un réalisé par un Monsieur de Soule6, l’autre par un Monsieur prêtre en Guipuzcoa7, il me vint le désir d’en faire autant dans la langue du Labourd ; il ne s’agissait pas, bien entendu, de vouloir faire mieux qu’eux, mais de faire autrement, et selon la langue du Labourd. De même qu’un même plat peut être cuisiné de trois manières distinctes par trois cuisiniers différents et que chaque manière peut avoir ses adeptes et ses amateurs : ainsi, un même livre travaillé et formé de trois manières distinctes, peut avoir dans le public des lecteurs aux goûts variés." (trad. AAS)
  • édifier par « expurgation »8. Martin Goyhetche signale au lecteur (Archu fait de même sans cependant l’expliciter) qu’il a opéré une sélection parmi les Fables de La Fontaine, qu’il a écarté les fables « quelque peu légères » (arinscoac) et n’a traduit que celles moralement fiables :
"Bertce alde, Lafontenen fabledeguian ez dut ixurat eta ahurca hartu, aitcitic ikhusiz, miratuz eta berechiz. Lafontene gaiçoac nahastatu ditu bere fabletan asco arinscoac, legarxuax eta izpirituaren harrotcera eta bihotcen asaldatcera daronxaketenac : hec utci ditut bazterrera." "Par ailleurs, ce n’est pas au hasard et de manière indistincte que j’ai pioché dans le fablier de La Fontaine, mais, au contraire, en regardant, en examinant et en sélectionnant. Parmi ses fables, le pauvre La Fontaine en a introduit de nombreuses par trop légères, scandaleuses et qui provoquent l’excitation des esprits et le trouble des cœurs : celles-là, je les ai laissées de côté." (Trad. AAS)
  • défendre un positionnement nostalgique anti-révolutionnaire. Ce paramètre apparaît clairement à travers les annotations, et l’irruption du traducteur. Il est d’ailleurs réducteur de qualifier Goyhetche de « traducteur ». Il arrive en effet parfois à transformer carrément le texte la fontainien et surtout florianien d’origine pour en faire un hypertexte9 comme dans la fable Biaya, adaptation en basque du Voyage de Florian. Ces longueurs deviennent ainsi, via le processus de l’adaptation dans la langue cible, des amplifications de l’hypotexte, un para-discours. Nous en avons un autre exemple dans la note 1 de la fable « Filosofoa eta Gau-aiñhara », adaptation en basque de la fable « Le philosophe et le Chat-huant » de Florian :
"Florian hemen duda gabe mintço da Filosofia eguiazcoaz ceina ez baita bertceric baicen Ebanyelioa ; Filosofo eguiazcoa eta Christau ona dire biac bat. Ecen bertcelaco Filosofoac çoin gocho eta maltcho diren, hirurhogoi urthe hautaco errebolucione odolxuec eracuxten darocute." "Florian se réfère sans doute ici à la vraie Philosophie qui n’est autre que l’Évangile ; le vrai Philosophe et le bon Chrétien ne font qu’un. Car les révolutions sanglantes de ces soixante dernières années nous montrent de quelle nature est la douceur et la clémence des autres Philosophes..." (trad. AAS)
Goyetche
Goyhetche 1851-1852. Trad. Fables de Florian. ms 162 Fonds Celtique Basque BNF Richelieu Paris. Photographie AAS d’après microfilm B.N.F.

 

  • offrir un outil pédagogique. On pourrait penser que Goyhetche escomptait utiliser — ou que des tiers — utilisaient les traductions en basque des Fables de La Fontaine, ou celles de Florian par Goyhetche, dans l’enseignement primaire, en particulier si l’on observe l’adjonction des notes, facilitant la compréhension, en marge ou en bas de page, mais une composition en vers d’un contemporain semble au contraire indiquer que son talent fut en réalité ignoré dans son village natal :
Jende hoberena da hango populua./Lumako ere badu seme bat hautua ;/Goietxen alegiek buru seinatzen,/Damurik ez direla perla hoik prezatzen !/Eskalduna ez balitz den bezen gibela,/Hetan den gatza luke bilduren bertzela. Les gens [d’Urrugne] y sont de la meilleure trempe / Il [le village] a également un fils doté d’une belle plume ; / Les fables de GOIETCHE montrent qui est leur auteur, /Dommage que de telles perles soient tenues en piètre estime ! / Si le Basque n’était aussi attardé, / Il en recueillerait tout le sel. (trad. AAS)

 

Conclusion

Pour Archu et Goyhetche l’intérêt des fables n’est pas « purement ludique » ; nous pourrions dire, avec Genette, que « l’hypertexte est ici, quelles que soient ses nuances de familiarité et d’enjouement, un texte sérieux : la fable est après tout un genre didactique et moralisateur, même si sa “moralité” est souvent d’un réalisme assez terre à terre. » (Genette 2000 [1982] : 374)

Archu, instituteur laïc et inspecteur de l’Éducation nationale, agit ainsi en pédagogue professionnel, en fonctionnaire qui doit faciliter l’application des nouvelles lois de la République en matière d’enseignement. Son but est de former les récepteurs visés par son ouvrage : primo les instituteurs et les élèves du Pays basque de France pour l’enseignement et l’apprentissage du français ; secundo le lecteur cultivé du xixe, bascophone ou non, intéressé par une langue, telle que le basque réputée exotique. Goyhetche, qui ne fait jamais référence au contexte linguistique et pédagogique de l’époque en France ni à la loi Guizot, poursuit quant à lui, au-delà de la « traduction — exercice de style », un autre but didactique plus profond : amplifier l’hypotexte la fontainien, préalablement expurgé des fables « légères », et florianien afin d’en croître la portée moralisatrice et édificatrice auprès du récepteur.

Une copie, anonyme manuscrite, non datée, probablement de la fin du xixe siècle, et conservée actuellement aux Archives du Diocèse de Bayonne, semble indiquer que les fables de Florian traduites par Goyhetche ont pu avoir une audience. D’autres copies ont-elles pu exister, voire circuler dans les écoles des paroisses labourdines environnantes, même si le témoignage de l’écrivain local Hiribarren nous incite à croire que leur réception fut problématique ? La question reste ouverte.

Quoi qu’il en soit, les deux ouvrages imprimés de 1848 et de 1852 ont pu servir à des adultes pour divers motifs : apprentissage ludique de la langue française et édification (Archu), édification ludique en basque (Goyhetche, Archu), apprentissage ou perfectionnement de la langue basque (Archu, Goyhetche). Reste à savoir quelle a été leur réception dans la société de l’époque, dans la vie quotidienne des maîtres et des élèves, par exemple.

Goyetche copie
Goyhetche, c. fin 19e. Trad. Fables de Florian. Ms Fonds Lafitte, copie anonyme du FCB 162 de la B.N.F. Archives du Diocèse de Bayonne. Photographie AAS.

 

Les documents numérisés

 

Bibliographie

Fonds consultés :

  • Bibliothèque nationale de France, site Richelieu
    • Fonds Celtique & Basque no 162 (FCB 162) : Florianen Fableac Goyhetche Apheçac franxesetic escoarara pherxutan itçuliac.
    • Fonds Celtique & Basque no 163 (FCB 163) : Fables de Lafontaine en labourdin par l’abbé Goyhetche.
  • Archives de la Bibiothèque Municipale de Bayonne :
    • Sur Jean-Baptiste Archu : WM-242 (CDF 1848) ; WP 300 (Grammaire... 1858) ; LAF. 3176 (Grammaire... 1868).
  • Archives du Diocèse de Bayonne (Fonds Lafitte) :
    • copie anonyme et non datée du FCB 163 de Martin Goyhetche.

 

Notes

1 Le présent article vient compléter un précédent publié en 2003 et intitulé « Manuscrits relatifs aux fables de La Fontaine et de Florian traduites et adaptées du français au basque labourdin par Martin Goyhetche (1791-1859) » auquel je renvoie le lecteur (www.iker.cnrs.fr/Lapurdum/Lapurdum8.htm).

2 Il a participé en 1847, en tant que traducteur, à l’édition des Linguae Vasconum primitiae (1545) de Bernard Dechepare (Arcocha-Scarcia 2005).

3 Avant propos [adressé] au public.

4 Il convient cependant de préciser qu’Archu, même s’il lui concède une large place, ne se cantonne pas au souletin stricto sensu. Il vise l’ensemble des écoliers du Pays basque de France quelle que soit leur variété dialectale (Gomez, 1990, 15).

5 Agustín Iturriaga, originaire d’Hernani en Pays basque péninsulaire et semble-t-il connu au Labourd (Orpustan 1996 : 176), fit paraître en 1842 à Saint Sébastien Fábulas y otras composiciones en verso bascongado, dialecto guipuzcoano, con un diccionario vasco-castellano de las voces que son diferentes en los diversos dialectos. L’ouvrage comprend l’adaptation d’une cinquantaine de fables de l’Alavais Félix María de Samaniego (Biasteri, 1745-1801) choisies parmi les 152 Fábulas morales, accompagnées de plusieurs autres pièces, que ce dernier publia en 1781 en castillan pour les étudiants du Real Seminario Vascongado de los Amigos del País de Vergara.

6 Jean-Baptiste Archu.

7 Agustín Iturriaga.

8 « L’expurgation, qui produit évidemment les “versions expurgées”, est entre autres une espèce de l’excision (par amputation massive ou émondage dispersé) : c’est une réduction à fonction moralisante ou édifiante, généralement encore ad usum delphini. On n’y supprime pas seulement ce qui pourrait ennuyer le jeune lecteur ou excéder ses facultés intellectuelles, mais aussi et surtout ce qui pourrait “choquer”, “toucher” ou “inquiéter” son innocence, c’est-à-dire bien souvent lui livrer des informations qu’on préfère lui soustraire encore pour quelque temps : sur la vie sexuelle, il va de soi, mais aussi sur bien d’autres réalités (“faiblesses” humaines) dont il n’est pas urgent de l’avertir et de lui donner l’idée. » (Genette 2000 [1982] : 330-331).

9 Au sens où l’entend Genette : « J’appelle donc hypertexte tout texte dérivé d’un texte antérieur par transformation simple (nous dirons désormais transformation tout court) ou par transformation indirecte : nous dirons imitation. » (Genette 2000 [1982] : 16).
Ou encore : «... hypertextualité. J’entends par là toute relation unissant un texte B (que j’appellerai hypertexte) à un texte antérieur A (que j’appellerai, bien sûr hypotexte) sur lequel il se greffe d’une manière qui n’est pas celle du commentaire. » (op. cit., 13).

 

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