"(…) Mundarrango mendi hori bethi capeta gora,
Ikhusteac piztu daraut bihotcean pilpira.
Italiaco lurretic eri nintcen athera,
Bainan sendatu heltcean gure Escual-herrira.

Irriscuac iraganic, trankil orai etchean,
Hauche diot Jaincoari galdeiten azkenean:
Bici nadin ainitz urthez ait’amekin batean
Ner’egunac higa diten Escual-herri maitean."

 

Jean-Pierre Duvoisin, capitaine des douanes, érudit, traducteur ou compilateur était également poète. Il participe notamment – sous pseudonyme - aux premiers concours des jeux floraux d’Antoine d’Abbadie, et il est même primé deux fois en 1858 (mentions spéciales pour Babiloniako uren bazterrean, présenté sous le nom d’Oihancelhay et pour Erramu eta Haritz sous le nom de Gazteluberri).

En 1860, pour la fête de l’église d’Urrugne, il se présente sous le pseudonyme d’Eliçalde d’Ainhoa et remporte le deuxième prix (une once d’or) pour Soldagoatic Escual-herrirat itçultcen denaren cantoreac [Les chants de celui qui revient de l’armée au Pays basque], un récit à la première personne du retour d’un soldat de l’armée française chez qui l’exil a ravivé l’amour du Pays basque.

Jean-Pierre Duvoisin cessera peu à peu de participer à ces concours pour en intégrer, puis présider le jury.

  • Voir le texte en français

    Soldagoatic Escual-herrirat itçultcen denaren cantoreac

    Çorigaitcic egun batez çortheak atcemanic,
    Nere burhaso çaharrak nigarretan utcirik,
    Soldado nintcela bada harmetan pharaturic,
    Ninduten urrun eraman, urrun Escual-herritic.

    Sor-lekhutik urruntcea zoin den lastimagarri!
    Maite gucien uztea, oi cein erdiragarri!
    Nic ez nuke seculacotz adios erran nahi
    Ez nere etchekoeri, ez Escual-herriari.

    Laster igorri ninduten Africaren barnera;
    Laur urthe han egon eta deithu Italiara;
    Lekhu orotaric bethi, hegalekin beçala,
    Gogoa çautan airatcen, arin Escual-herrira.

    Italiaco lurrean sarthuz gueroz Francesak,
    Oi nolako sarraskiac! Oi cer giçon galtceac!
    Odol hibayez dirade han gorritu bazterrac,
    Holacoric ez deçala ikhous Escual-herriac!

    Burhaso gacho hoitaric semeac galdurikan,
    Cembatac ez dire yarri auhenic minenetan!
    Gure Jainco cerucoac hoin bihotzmin handitan,
    Beira guitcel’erortcetic, guziz Escual-herrian!

    Escualdunen omenari ez diot egin ukho,
    Nere sabre-bayonetac, maiz aguertu lekhuco;
    Solferinon colpaturic cioten guehiago
    Ez nintcela ez biziric, ni Escual-herriraco!

    Atsulaico bizcarrean Ainhoaco capera,
    Han du nere ama onac othoitz eguin ardura,
    Aingueruen erreginac bidal naçan etchera,
    Bicirik baita osoric ekhar Escual-herrira.

    Nere ama entçun duçu, oi Andre amulxua!
    Azken haxera nindagon jadanik hurbildua,
    Çuri esker baicen eztut nic beiratu bicia,
    Çuri esker dut ikhousi berriz Escual-herria!

    Mundarrango mendi hori bethi capeta gora,
    Ikhusteac piztu daraut bihotcean pilpira.
    Italiaco lurretic eri nintcen athera,
    Bainan sendatu heltcean gure Escual-herrira.

    Irriscuac iraganic, trankil orai etchean,
    Hauche diot Jaincoari galdeiten azkenean:
    Bici nadin ainitz urthez ait’amekin batean
    Ner’egunac higa diten Escual-herri maitean.

    Jean-Pierre Duvoisin, Eilçalde Ainhoarra izenarekin

  • Euskarazko testua ikusi

    Les chants de celui qui revient de l’armée au Pays basque

    Attrapé malheureusement un jour par le sort,
    Laissant mes vieux parents en pleurs,
    J’étais soldat et formé aux armes,
    Ils m’emmenèrent loin, loin du Pays basque.

    Qu’il est regrettable de s’éloigner de son lieu de naissance!
    Qu’il est déchirant de laisser tous ceux que l’on aime !
    Je ne voudrais pas dire adieu pour toujours
    A ma famille, au Pays basque.

    Ils m’envoyèrent rapidement au fin fond de l’Afrique;
    J’y restai quatre ans avant d’être appelé en Italie ;
    Et toujours, de tous lieux, comme doté d’aile,
    Mon esprit s’envolait, léger, vers le Pays basque.

    Dès lors que les français entrèrent en terres italiennes,
    Oh ! quels massacres ! Oh ! combien d’hommes perdus !
    Là-bas les environs sont rougis de fleuves de sang,
    Que ne connaisse jamais telle chose le Pays basque !

    De ces pauvres parents ayant perdu leurs fils,
    Combien ne sont tombés dans les lamentations les plus douloureuses,
    Que Notre Seigneur des cieux dans ces grandes peines,
    Nous empêche de tomber, surtout le Pays basque !

    Je n’ai pas fait affront à la réputation des Basques,
    Avec ma baïonnette, souvent je me suis distingué
    Quand je fus blessé à Solferino, ils disaient
    Que je n'allais pas retourner vivant, moi, au Pays basque !

    Sur les crêtes d’Atsulai, la chapelle d’Ainhoa,
    C’est là que ma bonne mère a souvent prié pour moi,
    Pour que la reine des anges me ramène chez moi,
    En vie et entier au Pays basque.

    Vous avez écouté ma mère, oh! Dame aimante!
    J’étais déjà proche de mon dernier souffle,
    C'est grâce à vous seule que j'ai conservé la vie,
    C’est grâce à vous que j’ai pu revoir le Pays basque !

    Cette montagne du Mondarrain a toujours le front haut,
    La voir a réveillé les battements de mon cœur.
    J’étais sorti malade des terres italiennes,
    Mais je guéris en arrivant dans notre Pays basque.

    Après avoir traversé les dangers, tranquille maintenant chez moi,
    Voici ce que je demande finalement à Dieu :
    Que je vive longtemps en compagnie de mes parents
    Que j'use mes jours dans mon cher Pays basque.

Extrait du bertso-papera édité en 1860 et publiant les textes primés lors du concours. Disponible sur Bilketa : 1860. Urrugnaco besta. Coplarien gudua.

 

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