Mila zortzi ehun eta hamabortzgarrena 
Ni Ahazparnen preso hartu nindutena; 
Plumaieneko premu orok dakitena, 
Galeretan higatu beharko naizena.

Kantatzera niazu alegera gabe 
Ez baitut probetchurik trichtaturik ere; 
Nehun deusik ebatsi, gizonik hil gabe, 
Sekulakotz galerak enetako dire.

Extrait de l’interrogatoire de Martin Larralde à Bayonne http://www.bordaxuri-epaiketa.com

Le 4 juillet 1815, les gendarmes d’Hasparren arrêtent Martin Larralde, dit Bordaxuri, héritier de la maison Plumaienea pour un coup de fusil sur Jean Ospital, un voisin de la propriété. En arrière-plan de cette histoire,  un problème d’héritage entre père et fils, et à la suite de l’affaire, une condamnation aux galères. Martin Larralde mourra  à Rochefort le 9 décembre 1821.

Cette histoire aurait pu tomber dans l’oubli, si le condamné, issu d’une famille de poètes(1), n’avait transcrit ses mésaventures en vers(2).

Le texte, connu sous le titre de Galerianoaren kantua [La chanson du galérien] a inspiré de nombreux chants, ainsi qu’une pièce de théâtre de Piarres Larzabal. Les minutes du procès, disponibles sur le site http://www.bordaxuri-epaiketa.com, permettent toutefois de relativiser l’injustice subie par le galérien.

 

  • Voir le texte en français

    Galerianoaren kantua

    Mila zortzi ehun eta hamabortzgarrena 
    Ni Ahazparnen preso hartu nindutena; 
    Plumaieneko premu orok dakitena, 
    Galeretan higatu beharko naizena.

    Kantatzera niazu alegera gabe 
    Ez baitut probetchurik trichtaturik ere; 
    Nehun deusik ebatsi, gizonik hil gabe, 
    Sekulakotz galerak enetako dire.

    Ala zorigaitzeko premu izaitea !
    Horrek eman baiteraut bethikotz kaltea, 
    Aitari gald'eginik sortzeko phartea, 
    Galeretan eman nau, hau da ene dotea.

    Ene aita da gizon kontsideratua. 
    Semia galeretan du segurtatua. 
    Nun nahi othoitzean belaunikatua, 
    Saindu iduri, debru madarikatua.

    Ene lehen kusia Cadet Bordachuri, 
    Fagore bat banuke galdatzeko zuri 
    Ongi adreza zaite ene arrebari, 
    Ene saltzeko zombat ukan duyen sari.

    Aita aintzinian eta arreba ondoko, 
    Osaba buryes hori diru fornitzeko; 
    Ez ordian enetako bi sei liberako, 
    Galeretan bederen leher egiteko.

    Elizan sartzen dira debozionerekin, 
    Iduriz badohazila saindu guziekin 
    Beren liburu eta arrosarioekin, 
    Debruyak phesta onik einen du heyekin.

    Zortzigarren bertsuya aneyarendako, 
    Konseilu bat banikek hiri emaiteko: 
    Ontsa goberna hadi, ez zauk dolutuko; 
    Ni baitan etsempluya errech duk hartzeko.

    Zuri mintzo nitzaizu, oi Aita zilharra, 
    Ardura dudalarik begian nigarra; 
    Zure eta ene arraza Bordachuritarra, 
    Galeretan naizeno ni bainaiz bakharra.

    Kantu hauk eman ditut Paubeko hirian, 
    Burdinez kargaturik oi presundegian, 
    Bai eta kopiatu dembora berian, 
    Orok khanta ditzaten Hazparne herrian.

    Hok eman izan ditut ez changrinatzeko, 
    Ene ahide adichkidek kuraye hartzeko, 
    Eta partikulazki, aita, zuretako 
    Kantu hok aditzean semiaz orhoitzeko.

  • Euskarazko testua ikusi

    Le chant du galérien

    Dans la 1815e année
    On m’avait mis en prison à Hasparren
    Héritier de la maison Plumaienia, comme chacun sait,
    Je devrai m’user dans les galères.

    Je m’apprête à chanter sans joie
    Et je n’ai aucun profit même si je m’attriste ;
    N’ayant volé nulle part, n’ayant pas tué d’homme,
    Je suis condamné aux galères à perpétuité.

    Ah ! le malheur d’être héritier !
    C’est ce qui a causé ma perte définitive.
    Ayant demandé à mon père la part qui me revenait,
    Il m’a mis aux galères, telle est ma dot.

    Mon père est un homme considéré
    Il a mis son fils en lieu sûr dans les galères
    Partout, agenouillé, en prières
    Semblable à un saint, vrai diable maudit.

    Mon cousin germain Kadet Bordachuri
    J’aurais une faveur à te demander
    Adresse toi à ma sœur
    (et demande lui) quel salaire elle a touché pour me vendre.

    Mon père en premier, ma sœur ensuite,
    Cet oncle bourgeois pour fournir de l’argent,
    Mais par contre, pas même pour moi 2 pièces de 6 francs
    Pour que je crève, au moins, dans les galères.

    Ils entrent dans l’église avec dévotion
    Et ils semblent accompagnés par tous les Saints,
    Avec leurs livres et leurs chapelets.
    Le diable va faire bonne fête avec eux.

    Le huitième couplet est pour mon frère :
    J’aurai un conseil à te donner.
    Conduis-toi bien, tu n’auras pas à le regretter,
    L’exemple est aisé à prendre sur moi.

    Je m’adresse à vous, o mon précieux père,
    Alors que j’ai souvent les larmes aux yeux
    Votre race et la mienne de la maison Bordachuri
    Est aux galères (tant que j’y suis) car je suis le seul à y être.

    J’ai composé ces chants dans la ville de Pau,
    Chargé de chaînes dans la prison,
    Et je les ai transcrits en même temps
    Pour que tout le monde les chante dans la ville de Hasparren.

    Je les ai composés pour ne pas m’attrister
    Pour que mes parents et amis prennent courage,
    Et plus particulièrement en votre honneur, mon père,
    Pour qu’en les écoutant vous vous souveniez de votre fils.

    Traduction issu du site http://www.bordaxuri-epaiketa.com/ .

Ecouter le texte interprété par le groupe Pantxoa eta Peio :

https://www.youtube.com/watch?v=4qxHOX5-WeA

A voir également :

(1) Martin Larralde est le neveu de Beñat Larralde (1771-1853) et cousin du poète et médecin Jean-Baptiste Larralde (1804-1870)

(2) Piarres Xarriton a toutefois émis la théorie que l’auteur réel du texte pourrait être Katxo, un autre versificateur d’Hasparren (http://www.bordaxuri-epaiketa.com/bordaxuri-ala-katxo)

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