Gaztalondoko prima anderia,
Zure senharrak erran badü egia,
Bost urthez eztiala hunki emaztia,
Haren obratik bada zük düzün frütia,
Aberti ezazü kumai haitatia
Xatharraren plazan eros dezan abitia.

Le barde Etxahun (1786-1862), de son vrai nom Pierre Topet a eu une vie compliquée.  Au travers de ses vers autobiographiques il explique notamment le meurtre « accidentel » de l’un de ses amis et les déboires judiciaires qui ont suivi.

Versificateur talentueux, improvisateur hors-pair, il écrit de nombreux bertso  souvent provocateurs et parfois hors des bonnes mœurs de l’époque, que ce soit par leur sujet ou le vocabulaire qu’il emploie.

Gaztalondoko prima [l’héritière de Gaztalondo] est un exemple de sa poésie aux accents de délation et de provocation.

  • Voir le texte en français

    Gaztalondoko prima

    Gaztalondoko prima anderia,
    Zure senharrak erran badü egia,
    Bost urthez eztiala hunki emaztia,
    Haren obratik bada zük düzün frütia,
    Aberti ezazü kumai haitatia
    Xatharraren plazan eros dezan abitia.

    Eretako barberaren zaldia,
    Gaztalondon gaiaz ebiltzalia,
    Hanko zerrallü petan itzalin gordia,
    Eia nurat jüten zeian bürüzagia,
    Espadeikük erraiten hik zerbait egia,
    Primak izanen dik aitarik gabe frütia.

    Ebili niz Gaztalondon esklabo
    Nahiagorik egon establian lo;
    Nausia zeitan juiten prima ganat gero,
    Eta ni kanpun üzten haien etsaier so,
    Hurak denak oro adar ezarteko,
    Zeren ni nintzan egiliren lekhaio.

    Primak bazin jaun barberarentako
    Aiharitan kapu eta ollasko;
    Senhar miserablia batian ohin lo,
    Eta bestian aldiz kristelaren galtho;
    Primak ordin hur xahakinak bero
    Eta haiez ajüta eman gero.

    Zure senharra adjüent egon zenin,
    Balentia handirik zizün egin
    Ezarten zitizün unestak gaztelin,
    Ustez adar egiler fabore egin;
    Orai berak badütü borontin,
    Laket beitira xapel ziratiren pin.

    Zamari gaixua jakile haigü hartzen:
    Haurrak aita nur din deikük erranen;
    Haren senharrak ditik aizuk aküsatzen,
    Bena gük eztiagü jaun hura sinhesten,
    Zeren eztie xapelik haiek jaunsten
    Eta prima ez arrunter behatzen.

    Jinkua, ümilen faboria,
    Eta gük dügüna ürgüllia
    Laborari hun bat züzün primaren gradia,
    Bena goititü dizü sobera büria
    Nahiz entzün izena anderia,
    Galdü tizü hunak eta uhuria.

    Primak dizü jaunetan sinhestia
    Eta haiez ezin egin phartitzia;
    Esküz eskü zelarik miserablia,
    Harri batetan dizü egin lerratzia;
    Hartzen badü aitaren estatia,
    Notari dükezü jinen den frütia.

    Berset hoiek dütinak konposatü
    Emazte bat nahi likezü hartü;
    Bena nahi likezü lükin ezpiritü,
    Ejer, ümil, gazte, eta bertütetsü
    Zure alhaba prima har liozü,
    Zützaz beno kuntenago lükezü.

  • Euskarazko testua ikusi

    L’héritère de Gaztalondo

    Madame l'héritière de Gaztelondo,
    Si votre mari a dit la vérité,
    Qu'il n'a pas touché sa femme depuis cinq ans,
    Si le fruit que vous portez est son œuvre,
    Avertissez la marraine que vous avez choisie
    Qu'à la place de langes elle achète un habit.

    Cheval du médecin d'Arette;
    Toi qui hantes de nuit Gaztelondo
    Et qui te cachais à l'ombre des haies,
    Où allait donc ton maître?
    Si tu ne nous dis pas, toi, la vérité,
    L'héritière aura un fruit sans père.

    Je me suis rendu à Gaztelondo en esclave
    Préférant rester à dormir à l'étable;
    Mon maître allait ensuite vers l'héritière
    En me laissant à faire le guet contre leurs ennemis;
    Eux tous pour mettre des cornes
    Car moi j'étais le laquais des auteurs.

    L'héritière avait pour Monsieur le Barbier
    Chapon et poulet à souper;
    Parfois le pauvre mari dormait dans son lit,
    D'autres fois par contre il demandait le clystère;
    L'héritière alors chauffait l'eau de vaisselle
    Et lui en donnait ensuite un lavement.

    Quand votre mari occupa les fonctions d'adjoint,
    Il fit alors de grands exploits;
    Il mettait les gens honnêtes en prison
    Croyant favoriser ceux qui font porter des cornes,
    Maintenant il en a lui-même sur le front
    Et elles se plaisent fort sous le chapeau ciré.

    Pauvre cheval, nous te prenons comme témoin;
    Tu nous diras qui est le père de l'enfant;
    Son mari accuse les voisins
    Mais nous ne croyons pas ce Monsieur
    Car ils ne portent pas, eux, de chapeau
    Et l'héritière ne prête pas attention aux gens simples.

    Dieu, protecteur des humbles,
    Nous, notre défaut est l'orgueil;
    Le rang de l'héritière était celui d'une paysanne aisée,
    Mais elle a trop levé la tête;
    Par désir de s'entendre appeler Madame
    Elle a perdu biens et honneur.

    L'héritière met sa croyance dans les Messieurs
    Et ne peut choisir entre eux;
    Quand la malheureuse passait d'une main à l'autre
    Elle a glissé sur une pierre;
    S'il prend le métier de son père,
    Il sera notaire le fruit qui viendra.

    Celui qui a composé ces couplets
    Désirerait prendre femme;
    Mais il aimerait qu'elle eût de l'esprit;
    Qu'elle fût jolie, humble, jeune et vertueuse;
    Il épouserait votre fille l'héritière,
    Il en serait plus content que s'il vous avait pour épouse.

    Traduction: Jean Haritschelhar
    A voir sur basquepoetry.eus

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