[…] Eztugu nahi altharia
Ez eta ere erdia
Usia gatik, legia gatik
Liberatako tchinkhorra.

Lukhaink’ichter bat gutiche
Erdia ere halache
Ossua ukheiten badugu
Zien parerik estate […]

Maison de Léopold Irigaray à Garindein, 1919

Léopold Irigaray (1875-1951)  était un collaborateur privilégié de Georges Hérelle (1848-1935) sur tout ce qui concernait les pastorales, et – au-delà – l’ethnologie de la Soule.

Durant le quart de siècle que durera leur relation (voir la Correspondance de Léopold Irigaray avec Georges Hérelle de 1899 à 1923), il recueillera, traduira, copiera et transmettra de très nombreux témoignages. Parmi la cinquantaine de manuscrits légués par Hérelle à la BnF, presque tous sont de la main d’Irigaray (Voir les manuscrits basques de la BnF en ligne).

Parmi ceux-ci, un document qui parle de pratiques culturelles particulières à la Soule et notamment des Aubades de Larrau.

D’après Irigaray : « Ce sont des couplets, sur un air spécial, que les enfants du village de Larrau vont chanter le soir, la veille de la chandeleur, devant chaque maison. Cet usage ne s’est conservé qu’à Larrau.  Les chanteurs s’adressent d’abord au maître de la maison, puis à la maitresse, puis à leurs filles, puis à la servante, etc., en termes flatteurs. Puis, si le cadeau reçu n’est pas suffisant, ils chantent des méchancetés. »

Les trois derniers couplets, notamment, sont donc optionnels, et réservés à ceux qui oseraient ne rien donner.

  • Voir le texte en français

    Albadak

    Parise eta Bayouna
    Orai girade gu huna
    Etcheko Jauna kunpañareki
    Jinkuak deizula gai huna

    Etcheko Jauna zuk entzun
    Bardin placer baduzu
    Etchekuen koblatzeko
    Delijentzia emazu

    Eman  badu badugu
    Eman ezpadu eztugu
    Eman badic et’ezpadu
    Eginen ja batugu

    Hüra houn da jateko
    Erlindolia hutchako
    Etche huntako Etcheko Jauna
    Zaldiz Elizalako

    Zaldiz Elizalako
    Han urhez oberendatuko
    Handik etchera jin deneko
    Zilhar kaideran jarriko

    Etchian eder guerrena
    Etchek’andere lerdena
    Zure erhiko erhaztunaz
    Eros leiteke Bayouna

    Khotchu eijer phunttatu
    Khallatu errez khalkatu
    Etche hortako x… hori
    Eijer eta karratu.

    Hur onduetan lecharra
    Zelu goretan izarra
    Etche hortako x… horrek
    Urhez dizu bizarra.

    Ardi beltchak achuri
    Etchek’andere  lar churi
    Zu plazala elkhiten zira
    Printzesa bat uduri.

    Saratsak eijer lilia
    Erliak hara du lehia
    Etche hortako tchipitto hori
    Amaren uda lilia

    Baratzian uthurri
    Zilhar hura urduri
    Etche hortako x… hori
    Hartan sarthia uduri

    Oillo beltcha habian
    Bere arraultzen gainian
    Etche hunetan usatzen dugu
    Hirur dozena aldian

    Opil churia labeko
    Erre denian jateko
    Etche hortako x… hori
    Gaur bi bessoen arteko.

    Behi churia sankhari
    Alanua zampari
    Etche hortako x… hori
    Plazan eder dantzari.

    Eztugu nahi altharia
    Ez eta ere erdia
    Usia gatik, legia gatik
    Liberatako tchinkhorra.

    Lukhaink’ichter bat gutiche
    Erdia ere halache
    Ossua ukheiten badugu
    Zien parerik estate

    Emaïtekoz emazu
    Heben haiduru gutuzu
    Muthil gaztiak gira
    Eta dothe bilha gutuzu

    Ezkira huna beharrez
    Ez eta ere aiherrez
    Usia gatik, legia gatik
    Arraprotchien beldurrez

    Etchian eder ilhinki
    Hamar edo hamabi
    Etche hortako etchek anderiari
    Handiena uzkuti.

    Oyhanian elhorri
    Phika eta erori
    Etche hortako Etcheko Jauna
    Urdan khakala erori.

    Etchek’alhaba zabala
    Lekhu huneko alhaba
    Bide huntan sundjako dugu
    Amoina egile zirela.

    Transcription à partir du manuscrit d’Irigaray  FCB-202 de la BnF

  • Euskarazko testua ikusi

    Les Aubades

    Paris et Bayonne
    Maintenant nous arrivons.
    Que Dieu vous donne le Bonsoir
    Seigneur de la maison, avec la compagnie

    Seigneur de la maison, écoute-nous,
    S’il vous plaît.
    Dépêchez vous, pour que nous donnions les couplets à tous ceux de cette maison.

    S’il a donné, nous avons;
    S’il n’a pas donné, nous n’avons pas.
    Qu’il ait ou qu’il n’ait pas donné,
    Nous les ferons quand même (les couplets).

    La noisette est bonne à manger,
    L’hermine (et bonne) pour le bahut,
    Le seigneur de cette maison (est non)
    Pour aller à l’église à cheval.

    Ira à cheval à l’église
    Y fera offrande en or ;
    Quand sera de retour chez lui ;
    Ira s’assoir sur la chaise d’argent.

    La broche est belle dans la maison,
    Svelte maîtresse,
    Avec la bague de votre doigt
    On pourrait acheter Bayonne

    Le pot à traire est joli, pointillé,
    Plein jusqu’au ras de caillé cuit.
    x…, de cette maison,
    est jolie et carrée.

    Le frêne pousse au bord de l’eau,
    L’étoile brille au haut des cieux ;
    x…, de cette maison,
    a la barbe d’or

    La brebis noire a l’agneau
    La maîtresse a la peau blanche.
    Vous sortez sur la place
    Pareille à une princesse.

    Le saule a une jolie fleur
    Où l’abeille s’empresse de voler
    L’enfant de cette maison
    Est la fleur d’été de sa mère

    La fontaine dans le jardin
    Ressemble à de l’eau d’argent.
    X…, de cette maison,
    Semble y avoir été plongée.

    La poule noire dans le nid,
    Sur ses œufs.
    Notre habitude, dans les bonnes maisons,
    C’est trois douzaines à la fois.

    Le petit pain, dans le four,
    Pour le manger quand il sera cuit.
    X…, de cette maison,
    Pour être ce soir entre deux bras.

    La  vache blanche meuglante,
    Le boule-dogue aboyeur,
    X…, de cette maison,
    Est beau danseur sur la place.

    Nous ne voulons pas tout le lard,
    Ni même la moitié ;
    Mais, selon la coutume et la loi,
    Une tranche d’une livre.

    Un morceau de saucisson, trop peu ;
    La moitié pareillement
    Si nous recevons l’entier,
    Vous n’aurez pas votre pareil.

    Tant qu’à donner, donnez vite.
    Nous attendons ici ;
    Nous sommes des jeunes gens
    Et nous cherchons notre dot.

    Nous ne venons ni par besoin
    Ni par inclinaison [pour mendier],
    Mais en vertu de la coutume et de la loi,
    Pour ne pas mériter de reproches.

    Le tison est beau dans la maison,
    Dix ou douze,
    Et que le plus grand entre ( ?)
    Par le cul de la maitresse de cette maison.

    L’épine dans la forêt,
    Quand  on la coupe, elle tombe
    Le seigneur de cette maison
    Est tombé sur la merde de cochon.

    Et vous, cadette à la large envergure,
    Fille de bonne maison,
    Nous avons appris en chemin
    Que vous faites la charité.

    Traduction par Léopold Irigaray

Voir le document sur Gallica :

Le même  texte à été publié par Edward S. Dodgson (1857-1922), à la demande d’Hérelle (voir Les cartes postales d’Edward S. Dodgson à Georges Hérelle)

Dans les deux versions du texte de Dodgson dont dispose Bilketa, toutefois, une partie de texte a été expurgée de certains vers trop salaces.

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