Nire aitaren etxea

defendituko dut.

Otsoen kontra,

sikatearen kontra,

lukurreriaren kontra,

justiziaren kontra,

defenditu

eginen dut

nire aitaren etxea. [...]

 

Gabriel Aresti

Gabriel Aresti (1933-1975) était un écrivain, traducteur et poète de Bilbao. Son œuvre fut protéiforme mais c’est par la poésie qu’il se distingua particulièrement. Il défendait une poésie sociale et révolutionnaire ; Aresti se voulait le porte-voix des ouvriers, des petites gens. Pendant la période franquiste, il se risqua à condamner fermement diverses formes d'injustice.

Harri eta Herri

En 1964 il publia le recueil de poésies Harri eta Herri [Pierre et Pays] qui demeure encore aujourd’hui une œuvre remarquable. Aresti y traitait les thèmes qui lui étaient chers, c’est-à-dire le prolétariat, la justice sociale et la nation. Le poème Nire aitaren etxea [La maison de mon père] parut pour la première fois dans ce recueil composé de cinq poèmes. Selon le compositeur et philologue navarrais Patxi Oroz Arizkuren, il s’agit du poème profane le plus traduit dans le monde : il en a recensé 740 versions.

Zutik, sculpture de Juan José Novella

Dans la réédition de 1986, voici ce que Koldo Izagirre disait de ce poème: […] La communauté basque s’est immédiatement reconnue dans ce poème, le symbole de la maison nous est familier, comme socle de l’identité basque traditionnelle, espace réservé et en même temps assiégé. Nous qui regrettions l’étiolement de notre langue mère l’Euskara, en vînmes à défendre la maison de notre père. Ce poème proclame que nous sommes une nation, et le traducteur Patxi Oroz a œuvré à sa traduction dans six cents langues. À travers le monde, une nation opprimée utilisera peut-être ce poème, sans rien connaître des Basques. C’est un hymne, qui prêche la résistance, ils nous tueront mais la maison de notre père perdurera.  […]

  • Voir le texte en français

    Nire aitaren etxea

    defendituko dut.

    Otsoen kontra,

    sikatearen kontra,

    lukurreriaren kontra,

    justiziaren kontra,

    defenditu

    eginen dut

    nire aitaren etxea.

    Galduko ditut

    aziendak,

    soloak,

    pinudiak;

    galduko ditut

    korrituak,

    errentak,

    interesak,

    baina nire aitaren etxea defendituko dut.

    Harmak kenduko dizkidate,

    eta eskuarekin defendituko dut

    nire aitaren etxea;

    eskuak ebakiko dizkidate,

    eta besoarekin defendituko dut

    nire aitaren etxea;

    besorik gabe,

    sorbaldik gabe,

    bularrik gabe

    utziko naute,

    eta arimarekin defendituko dut

    nire aitaren etxea.

    Ni hilen naiz,

    nire arima galduko da,

    nire askazia galduko da,

    baina nire aitaren etxeak

    iraunen du

    zutik.

  • Euskarazko testua ikusi

    La maison de mon père

    je la défendrai

    contre les loups,

    contre la sécheresse,

    contre le lucre,

    contre la justice,

    je la défendrai,

    la maison de mon père.

    Je perdrai mon bétail,

    mes prairies,

    mes pinèdes,

    j'y perdrai

    les intérêts,

    les rentes,

    les dividendes,

    mais je défendrai

    la maison de mon père.

    On m'ôtera les armes

    et je la défendrai avec mes mains

    la maison de mon père.

    On me coupera les mains

    et je la défendrai avec mes bras

    la maison de mon père.

    On me laissera sans bras,

    sans poitrine et je la défendrai avec mon âme

    la maison de mon père.

    Moi je mourrai

    mon âme se perdra

    ma famille se perdra

    mais la maison de mon père

    durera

    debout.

     

     

    Traduction :

    Jean Haritschelhar / Mattin Larzabal

    basquepoetry.eus


Depuis ce poème est devenu une chanson. Plusieurs artistes l’ont interprétée, dans des styles musicaux très variés :

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