<?xml version='1.0' encoding='utf-8'?><OAI-PMH xmlns="http://www.openarchives.org/OAI/2.0/" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://www.openarchives.org/OAI/2.0/ http://www.openarchives.org/OAI/2.0/OAI-PMH.xsd"><responseDate>2026-05-17T22:38:40Z</responseDate><request verb="GetRecord" metadataPrefix="oai_dc" identifier="oai:www.bilketa.eus:ark:/27020/art1011493">https://www.bilketa.eus/in/rest/oai</request><GetRecord><record><header><identifier>oai:www.bilketa.eus:ark:/27020/art1011493</identifier><setSpec>ALL</setSpec><datestamp>2026-05-16T09:24:28Z</datestamp></header><metadata> <oai_dc:dc xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:oai_dc="http://www.openarchives.org/OAI/2.0/oai_dc/" xsi:schemaLocation="http://www.openarchives.org/OAI/2.0/oai_dc/ http://www.openarchives.org/OAI/2.0/oai_dc.xsd"><dc:description>LE BRETON ET LE BASQUE On causait, entre amis, de la circulaire par laquelle les ecclésiastiques bretons ont été invités, récemment, à faire le catéchisme en français. Ceux qui approuvaient cette circulaire au point de vue pratique et politique, faisaient observer que la première initiation du petit paysan de là-bas aux idées et aux sentiments de la France moderne doit avoir lieu sous la forme d'une initiation à la langue française. Isolé, retranché derrière son parler local, il ne serait, il n'est qu'à derni de son temps et de son pays... Cependant, un des interlocuteurs paraissait ne pas s'associer à l'impression commune. Et il consentit à donner ses raisons. « Vous oubliez, fit-il, le point de vue scientifique, et vous ne sauriez m'en vouloir d'y penser pour vous tous. Au point de vue, scientifique, nous possédons deux trésors inestimables, le basque et le breton. Il devrait être entendu, non seulement qu'on n'y touchera pas, qu'on ne fera rien pour les entamer, mais qu'on les entourera des soins les plus attentifs, les plus jaloux ! Ils font partie, l'un et l'autre du patrimoine que nous ont légué des siècles d'histoire. Céder une obole de ce patrimoine - et à -plus forte raison, la jeter par la fenêtre, - c'est s'appauvir inutilement, sottement... « Le breton, c'est le celte. Qu'est-ce, au juste, que le basque? Un idiome ibérique, probablement, melé d'emprunts faits à tous les dialectes usités successivement ou conjointement, dans la région. Toutefois, les spécialistes ne sont pas d'accord sur l'origine et la nature vraies du parler basque. Ils continuent les recherches, ils continuent les hypothèses. Allons-nous, par des mesures malentendues, faire évanouir entre leurs mains la matière même de ces 'hypothèses et de ces recherches ? Cela ne serait ri intelligent, ni digne d'un grand pays comme le nôtre. » Déjà, nous laissons trop volontiers aux sayants étrangers la direction de ces études. Sans doute, il y a des Français qui s'en occupent, et le nom de M. Julien Vinson, par exemple, fait autorité parmi les bascophiles. Maison étudie le basque plus activement, à Berlin, à Vienne, à Oxford, que chez nous. Croyez-vous que si l'Angleterre ou l'Allemagne ou l'Autriche possédaient, enclavé dans leur territoire, un îlot semblable de civilisation particulière et de langue mystérieuse, elles hésiteraient à le protéger, à le défendre contre les menaces de ruine et d'anéantissement ? » Est-il sûr, d'ailleurs, que ces langues, le breton, le basque soient nécessairement le véhicule des vieilles idées, et qu'elles se mettent toujours au service de passions hostiles à la démocratie ou à l'esprit laïque? Un de nos historiens les plus pas. sionnés pour les antiquités nationales, et qui ne sépare pas la France moderne, républicaine et de peuple libre, de la vieille France, telle qu'il s'essaye I å la restituer en ses premiers commencements, le savant professeur de l'Université de Bordeaux, M. Camille Jullian, a publié, il y a quelques mois, un petit travail qui, sous une forme sobre et rapide, résume l'état présent des études basques et des connaissances relatives au basque. Or, j'ai lu dans ce travail que le principal journal basque, l'EskualHerria, qui a déjà plusieurs années d'existence, est un organe de « propagande républicaine », et un actif défenseur des ouvres post-scolaires. » Au lieu de proscrire le basque et le breton, ne serait-il pas possible de s'en servir pour faire pénétrer dans les intelligences de saines notions sur la société française contemporaine, sur la vie publi. que, sur les choses morales ? Pourquoi l'instituteur, s'il parlait breton ou basque, n'essayerait-il pas, lui aussi, en basque ou en breton, de propager ses idées, sa foi? On harmoniserait de la sorte l'intérêt politique et l'intérêt scientifique. Il y aurait, d'ailleurs, encore d'autres moyens de pourvoir au second sans léser le premier. Mais pourchasser ces deux idiomes et arriver peut-être à les abolir, parce qu'ils servent au catéchisme, ou au sermon du dimanche — entre autres usages — ce serait une grave erreur, une erreur à conséquences redoutables. » La force totale du pays est faite de certaines composantes. Parmi ces composantes, l'originalité du Breton et du Basque tiennent un rang honorable. Ne la détruisons pas! Le problème est délicat de respecter ces originalités locales, sans permettre qu'elles portent atteinte, ou seulement ombrage à l'unité nationale. Plus il est délicat, plus il est indispensable de se mettre en quête de solutions souples et fines. Et nous voilà très loin des termes un peu simplistes d'une circulaire administrative... » L'ami qui tenait ce langage est un ferme républicain, un démocrate convaincu, un esprit émancipé. On convint, en somme, qu'il n'avait pas tort. Et on le félicita de n'être point ministre, car s'il le devenait, ce qui n'arrivera probablement pas, il aurait peut-être plus de peine qu'il ne croit à concilier les préoccupations de l'homme public avec celles du bon archéologue..."</dc:description><dc:identifier>https://www.bilketa.eus/ark:/27020/art1011493</dc:identifier><dc:format>image/jpeg</dc:format><dc:source>BLK, -</dc:source><dc:date>1902-10-20</dc:date><dc:description>&lt;p&gt;Article extrait du journal Le Temps écrit en réaction à la circulaire du 29 septembre 1902 interdissant l’usage des langues régionales dans les prédications des prêtres et l’enseignement de la catéchèse.&lt;/p&gt;</dc:description><dc:relation>vignette : https://www.bilketa.eus/in/rest/Thumb/image?id=ark:/27020/art1011493&amp;mat=articleNum</dc:relation><dc:language>fre</dc:language><dc:rights xml:lang="fre">domaine public</dc:rights><dc:rights xml:lang="eng">public domain</dc:rights><dc:subject>Euskara (debekua)</dc:subject><dc:subject>Langue basque (interdiction)</dc:subject><dc:subject>Katixima (irakaskuntza katolikoa)</dc:subject><dc:subject>Catéchisme (Enseignement catholique)</dc:subject><dc:subject>Bretoiera (Bretainiako hizkuntza)</dc:subject><dc:subject>Breton (langue celtique)</dc:subject><dc:subject>Euskarazko katiximaren debekua</dc:subject><dc:subject>Interdiction du Catéchisme en basque</dc:subject><dc:title>20 octobre 1902 : Le breton et le basque</dc:title></oai_dc:dc></metadata></record></GetRecord></OAI-PMH>