<?xml version='1.0' encoding='utf-8'?><OAI-PMH xmlns="http://www.openarchives.org/OAI/2.0/" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xsi:schemaLocation="http://www.openarchives.org/OAI/2.0/ http://www.openarchives.org/OAI/2.0/OAI-PMH.xsd"><responseDate>2026-05-17T20:37:50Z</responseDate><request verb="GetRecord" metadataPrefix="oai_dc" identifier="oai:www.bilketa.eus:ark:/27020/art1012390">https://www.bilketa.eus/in/rest/oai</request><GetRecord><record><header><identifier>oai:www.bilketa.eus:ark:/27020/art1012390</identifier><setSpec>ALL</setSpec><datestamp>2026-05-16T09:24:27Z</datestamp></header><metadata> <oai_dc:dc xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:oai_dc="http://www.openarchives.org/OAI/2.0/oai_dc/" xsi:schemaLocation="http://www.openarchives.org/OAI/2.0/oai_dc/ http://www.openarchives.org/OAI/2.0/oai_dc.xsd"><dc:description>LES BOHÉMIENS Dernièrement je rencontrais deux gendarmes.... Ce n'était pas un beau dimanche. C'était le soir, dans la nuit déjà tombée. Les deux gendarmes prenaient le train à Ustaritz et descendaient à Halsou. Mon interview fut de cinq minutes à peine. J'appris cependant que, de Halsou ils devaient s'engager dans la brousse, vers ces trop fameux bois de Hasparren. Ils avaient un rendez-vous avec leurs collègues de ce canton, sur les minuit. Evidemment il s'agissait de quelque expédition contre les bohémiens. Avez-vous remarqué que les gendarmes à pied sont bien plus faciles à aborder que leurs pareils qui vont à cheval? Ils sont plus souples de manières, ils ont la démarche aisée. Quand on leur aura donné à tous une bicyclette, vous verrez que nos campagnes auront des gendarmes instruits, parfaits. Les autres sont trop occupés de leur monture. Je me suis rappelé ces gendarmes en sant la thèse assez avancée que l'Esualduna, notre confrère du pays basque expose dans son numéro de la semaine dernière. Cet excellent Eskualduna n'y allait pas par quatre chemins. Il proposait purement et simplement de traquer les Bohémiens qui infestent nos campagnes et de les exterminer jusqu'au dernier. A peine s'arrêtait-il à la thèse du ghetto où le bohémien serait parqué. En cela il n'avait peut-être point tort, car la première raison de vivre du bohémien est l'indépendance la plus complète. Si on lui assigne un séjour, il aura toutes sortes de bons prétextes pour le refuser, pour s'en écarter. C'est un nomade, c'est un autre Touareg qui considère notre civilisation comme un désert d'inhospitalité. Hanté par le succès de la Libre Parole notre confrère se sent de l'étoffe pour s'ériger en lieutenant dans ce régiment que commande brillamment Drumont. Il lui laisse les juifs, il se charge des bohémiens. Quand on suit cette voie, on risque d'aller loin. L'Eskualduna félicite haut ment certains de ses compatriotes qui n'ont pas craint de se faire justice eux-mêmes en tirant dernièrement des coups de pierre et de fusil sur une maison qui était devenue un repaire de bohème et dont le voisinage les inquiétait. Il dénonçait également au mépris public les propriétaires assez cupides qui ne refusent pas un logement à ceux qu'il considère comme la plaie, la peste du pays. On le voit la thèse est complète : « le pays basque aux basques et c'est assez ». Je crois même que l'Eskualduna admettrait diverses catégories de bohémiens. S'il osait peut-être voudrait-il voir, surtout après un article où je récuse sa thèse, si dans le bout de l'oreille je n'ai rien du bohémien.... Evidemment les cagots, pour les appeler du surnom que le populaire donne à ceux qui fréquentent les deux versants basques pyrénéens, ne sont des gens sympathiques ni au premier ni au deuxième chef. Il n'est ni commode ni agréable d'être en leur société. Ils ont des moeurs singulières, quoique la légende les ait exagérées. Tout récemment on faisait courir le bruit qu'ils avaient reconnu un roi auquel ils obéissaient du geste. Ce monarque serait une personnalité connue des prisons de Bayonne et de St-Palais Se commet-il un méfait, un vol de poules, de mulets, une arrestation dans les mauvais chemins, la mise à sac d'une maison écartée, voire un de ces meurtres sur lesquels la lumière est difficile à faire les justices de Bayonne et de Saint-Palais en savent quelque chose les bohémiens se trouvent toujours à point pour en endosser la responsabilité. Si l'on coffre quelques-uns d'entre eux, tout le monde dans le pays se déclare satisfait. Parfois ils sont tout-à-fait innocents du méfait pour lequel ils ont été arrêtés, mais le tribunal leur découvre toujours quelque peccadille à purger. Du reste, ils n'ont pas leurs pareils pour glisser entre les mains des gendarmes quand ils ne se reconnaissent pas la conscience nette et qu'ils se devinent recherchés. Ils ont vite fait de passer la frontière; un déménagement subit ne leur est d'aucune difficulté; les propriétaires le savent bien. Aussi ont-ils soin de se faire payer d'avance. Les bohémiens sont français quand ils ont maille à partir avec les lois espagnoles; ils sont espagnols devant la rigueur des lois françaises. Mais l'Eskualduna aurait bien tort de leur en faire un reproche. Car il trouveruit des Bohémiens de cette catégorie auprès de ses connaissances et même de ses meilleurs amis qui, tour à tour, sont déser:eurs et de France et d'Espagne. On dira: C'est une marque d'indépendance. Fort bien, mais à ce compte le bohémien ne serait pas autre chose qu'un basque exagéré. Entre basques et bohémiens la querelle ne date pas d'aujourd'hui. Ils cohabitent les uns près des autres depuis un temps préhistorique. Qui sait même si dans le bohémien on ne trouverait pas le veritable aborigène. Mais mon intention n'est pas de faire de l'ethnologie. Il me suffira de constater que vis-à-vis du bohémien, le basque se considère comme un seigneur, tandis que le bohémien met tout son orgueil à n'être qu'un noble gueux. Entre ces deux orgueils il y a toujours eu rivalité. Les mesures d'exception que propose l'Eskualduna ont également toujours été plus ou moins appliquées. Elles n'ont jamais obtenu le moindre résultat. Aussi croyons-nous que la solution de la question bohémienne n'est pas là. Elle est dans les gendarmes comme ceux que je rencontrais l'autre jour allant en expédition dans les bois de Hasparren. Depuis quelque temps, il y a une tendance marquée chez les maires du pays basque, surtout dans les communes un peu écartées, à réclamer des gendarmes. On en demande à Macaye, à Bidarray, à Ossès. Méharin en sera bientôt doté. Deux gendarmes à pied, et voilà l'ordre assuré dans une localité, voilà les bohémiens qui quittent le pays d'eux-mêmes ou mettent leur amour-propre à se civiliser. L'administration préfectorale a le devoir de prêter la main à toutes ces expériences. Autrefois il éta t de bon ton en pays basque de se faire justice soi-même. Nous sommes en progrès. La gendarmerie est souhaitée. Et si dans les petits hameaux, dont la population est assez agglomérée, on envoie des maîtres d'école, la sécurité, le bon ordre et un peu de civilisation seront partout assurés. Car dans nos campagnes le gendarme est le commencement de la sagesse et l'école en est la définition. L. B.</dc:description><dc:identifier>https://www.bilketa.eus/ark:/27020/art1012390</dc:identifier><dc:format>image/jpeg</dc:format><dc:source>BLK, -</dc:source><dc:date>1899-09-09</dc:date><dc:relation>vignette : https://www.bilketa.eus/in/rest/Thumb/image?id=ark:/27020/art1012390&amp;mat=articleNum</dc:relation><dc:language>fre</dc:language><dc:relation>Eskual-Herria : journal républicain hebdomadaire 1899-09-09</dc:relation><dc:rights xml:lang="fre">domaine public</dc:rights><dc:rights xml:lang="eng">public domain</dc:rights><dc:subject>Agotak</dc:subject><dc:subject>Cagots</dc:subject><dc:subject>Buhamiak</dc:subject><dc:subject>Bohémiens</dc:subject><dc:subject>Jandarmeria (segurtasun indarra)</dc:subject><dc:subject>gendarmerie (force armée)</dc:subject><dc:title>9 septembre 1899 : Les Bohémiens</dc:title></oai_dc:dc></metadata></record></GetRecord></OAI-PMH>